header

Jean Girardet, peintre du roi Stanislas (1709-1778)

Jean Girardet est un peintre dont le nom reste étroitement associé au règne de Stanislas Leszczynski. Devenu, en 1758, le peintre attitré du Roi de Pologne, il a réalisé de nombreux portraits du duc de Lorraine mais également de sa cour, des lieux de vie et des nouvelles constructions architecturales.


Les années de formation

Les débuts

Né le 13 novembre 1709 à Lunéville, il fait ses études au collège de Lunéville puis à l’université de Pont-à-Mousson avant de devenir l’élève du peintre Claude Charles à l’Académie de peinture et de sculpture de Nancy.

En 1729, il participe à la décoration du catafalque du duc Léopold avec d’autres grands artistes lorrains comme le peintre Claude Jacquart. Comme de nombreux artistes, Jean Girardet fait un séjour de quelques années à Rome avant de se voir confier, en Lorraine, ses premiers grands projets.


Premiers travaux

En 1736, après son séjour à Rome, il participe aux grandes festivités organisées en Lorraine pour célébrer le mariage du duc François III et de l’archiduchesse Marie-Thérèse d’Autriche à Vienne. À cette occasion, d’énormes architectures éphémères sont élevées à Nancy et à Lunéville. En collaboration avec l’architecte Jean-Nicolas Jadot et le peintre Jean-Joseph Chamant il réalise un « temple » dans l’avant cour du château de Lunéville où sera tiré un feu d’artifice.

En 1737, François III devient grand duc de Toscane et cède le duché de Lorraine à Stanislas Leszczynski, roi déchu de Pologne. Certains aristocrates, artistes et savants préfèrent alors s’expatrier en Toscane plutôt que de servir Stanislas. Girardet suit leur exemple et vivra à Florence de 1737 à 1744.


Séjour italien

Avec Jadot et Chamant, il conçoit le décor de la bibliothèque privée de François II au palais Pitti et participe à la décoration de l’église San Lorenzo pour des obsèques de Charles VI. Cette période semble marquée par les liens d’amitié qui unissent les lorrains expatriés à Florence ; ami de Jamerai-Duval, Girardet réalise plusieurs des vignettes destinées au frontispice de ses « Mémoires». Dom Calmet affirme que Girardet passe en tout 8 ans en Italie, essentiellement à Rome et Florence.


Carrière lorraine

Entre Commercy et Nancy

De retour en Lorraine il travaille d’abord à Commercy, pour la duchesse Elisabeth-Charlotte de Lorraine. Elle meurt en 1744, il est alors chargé d’organiser la pompe funèbre qui se déroulera en février 1745. On lui attribue le modèle d'une gravure représentant un médaillon à l’effigie d’Elisabeth-Charlotte accompagné de figures allégoriques éplorées.

Girardet quitte alors Commercy et s’installe à Nancy. Il réalise plusieurs tableaux notamment son Saint-Joseph (conservé à l’église Saint-Jacques de Lunéville), ainsi que la pompe funèbre pour la dauphine à la primatiale les 25 et 26 septembre 1746. Selon Dom Calmet, il travaille également au décor du Kiosque de Lunéville, à celui du pavillon royal de Chanteheux, ainsi qu’à ceux du château de Commercy.


Au service du roi

D’abord réticent à se rallier à Stanislas, il finit cependant par entretenir des relations privilégiées avec lui, le roi pratiquant lui-même la peinture et le dessin. De nombreux portraits de sa main, en particulier au pastel, sont aujourd'hui conservés dans les institutions lorraines. Si l’on en croit Durival, Stanislas passe son temps libre « à peindre, seul ou avec Girardet ». Mais leurs relations iront bien au-delà de simples liens de maître à serviteur. Une véritable amitié semble s’être nouée entre les deux hommes. Portraitiste préféré de Stanislas, Girardet célébre, à travers ses peintures, l’ensemble de l’œuvre du roi.

Parmi les tableaux commémoratifs, on trouve celui figurant Stanislas remet[tant] les lettres de fondation de la bibliothèque royale et publique de Nancy au chancelier de la Galaizière. Cette toile, d’abord destinée à évoquer l’établissement de la Chambre de consultation (en octobre 1750), sera finalement modifiée pour célébrer la création de la bibliothèque royale et publique le 28 décembre 1750. Les quelques mots tracés sur le document tendu au chancelier « bibliothèque royale et publique » viennent préciser sa nouvelle destination. Durival note dans son journal que le roi va lui-même retoucher son portrait et celui de la Galaizière « qui est fort ressemblant ». Durival ajoute d’ailleurs avoir acheté « l’original à mi-corps sur lequel M. de La Galaizière a été peint sur le grand tableau ». Cette étude n'a malheureusement pas été retrouvée. Conquis par cette mise en scène lotharingiste, Stanislas paye au peintre le double de la somme convenue.

La peinture religieuse et les portraits sont très présents dans l’œuvre peint de Girardet. Au milieu des portraits du roi, on retrouve les personnages célèbres de l’époque, comme ceux de Nicolas Durival, (malheureusement disparu, il est connu par une reproduction dans l'ouvrage de Favier), Marie Leszczynska, Gervais (jardinier de Stanislas), Barthélémy Guibal, François-Antoine Alliot (intendant de Stanislas), Claude Jacquart ou encore celui de M. de Tressan.

Il réalise également de nombreuses fresques dont celles de l’hôtel de ville de Nancy en 1755, celles de l’église Saint-Jacques de Lunéville vers 1750 ou celles de Saint-Glossinde à Metz en 1756.


Les dernières années

La mort de Stanislas provoque la dispersion de la Cour de Lunéville. Girardet, devenu maître de dessin de Marie Leszczynska lors du voyage de la reine en 1765, est appelé à Versailles en novembre 1766. Autour de la reine, il retrouve les lorrains Durival, Pommery, Richard Mique et André Joly.

Il revient en Lorraine en 1768, où sa notoriété lui permet de réaliser encore de nombreux travaux pour l’Église ou la bourgeoisie nancéienne. Il continu à donner des cours de dessin et de peinture à ses nombreux élèves de Lunéville et Nancy. Girardet décède le 28 septembre 1778. Durival dénombre plus de 140 artistes issus de son atelier.


Annexe

Bibliographie

Gérard Voreaux, Girardet, un peintre lorrain à la Cour du roi Stanislas, Édition Place Stanislas, Abbeville, 2007.

Gérard Voreaux, Les peintres lorrains du dix-huitième siècle, Éditions Messene, Paris, 1998.